Astuces Pleine Conscience

Se fixer des objectifs en pleine conscience

Déjà 2019? Mais il est grand temps de faire ta liste de bonnes résolutions! Ou pas…

Niveau de lecture A2

Les bonnes résolutions

Chaque année, c’est la même chose. On profite de l’année nouvelle pour s’inventer un meilleur « soi ». Celle qui ne fume plus, celui qui va à la salle de sport, celle qui apprend 4 langues en même temps ou qui entreprend un défi « sans sucre » ou « sans alcool ». 

Ces bonnes résolutions très sincèrement exprimées le 1er janvier terminent souvent aux oubliettes (end up forgotten) à peine deux semaines plus tard, n’est-ce pas? Alors, à quoi bon (what’s the point)

En effet, j’entends souvent des personnes qui me disent que les bonnes résolutions, en fait, très peu pour eux, merci bien (not for me, thank you very much) car malheureusement, ça ne sert à rien.

L’avenir sera meilleur

L’envie d’écrire une liste de meilleures habitudes à prendre est pourtant tout à fait compréhensible à la venue d’une année nouvelle. Ça fait partie de la nature humaine d’avoir besoin de croire que l’avenir sera meilleur. Pour y parvenir (to succeed), il est logique de penser que nous devons nous-même nous améliorer.

D’autant plus (even mores so) après presqu’un mois de dérapages alimentaires… Entre l’alcool, les repas gargantuesques (huge meals), les gâteaux de Noël et autres joyeusetés (fun stuff – negative connotation), faire un grand tri dans sa vie devient alors essentiel. Nous voulons laisser le superflu (the unnecessary) dans le passé et commencer l’année d’un bon pied (on a good note) pour reprendre le contrôle de notre existence.

Le piège

Mais attention à ne pas tomber dans le piège classique, qui est de mettre la barre trop haut (set the bar too high). Souvent, on écrit une liste de bonnes résolutions plus longue qu’une journée de mai en Islande (renseignez-vous…). On n’est qu’humains après tout, et même si c’est important de se dépasser (to surpass yourself), on n’est en vérité capable d’apporter son attention spécifique qu’à un seul élément de notre vie à la fois.

En soi (per se) ce n’est pas très grave de ne pas réussir à tenir une résolution. Cependant, l’estime peut en souffrir. En effet, l’égo risque de vivre comme un échec le fait de ne pas avoir atteint les objectifs fixés, alors que ceux-ci n’étaient simplement pas réalistes.

Une chose à la fois

La clef serait donc à mon sens (in my opinion) de se concentrer sur une chose à la fois. Un seul changement d’habitude, un seul objectif à maintenir pendant toute une année. C’est déjà pas mal!

Par ailleurs, comme les théories de la pleine conscience le mettent en avant: le multi-tasking ne fonctionne pas. Tu sais, quand tu téléphones tout en répondant à un e-mail? Ou quand tu regardes des vidéos sur Netflix tout en (all while) travaillant? Tu penses être hyper productif mais c’est juste une illusion. D’ailleurs, sache que ce n’est pas non plus une sorte de pouvoir magique réservé aux femmes, comme on l’a longtemps cru. Au contraire, c’est un comportement qui nous freine (to brake, here, to hinder) et nous empêche de rentrer dans le flow.

En effet, quand tu fais du multi-tasking, ton cerveau consacre de mini-périodes de quelques secondes à une tâche et ensuite à une autre tâche. Dans le cas du travail en parallèle avec une série télévisée par exemple, ton cerveau va se consacrer (dedicate itself) 10 ou 15 secondes sur ton écran, et puis 10 ou 15 secondes sur ta télévision. Tu peux imaginer le résultat: non seulement tu n’auras rien compris à ton épisode de Black Mirror, mais en plus la qualité de ton travail ne sera pas exceptionnelle. Pire encore (even worse), tu seras probablement dans un état de stress improductif.

Le flow

L’opposé de cela, c’est le flow créatif. C’est un état particulier dans lequel on peut parfois entrer et qui permet de travailler sur une tâche absolument passionnante pendant des heures sans se rendre compte du temps qui passe. Nous sommes habités de créativité et de génie. Cet état, que tu as sûrement déjà expérimenté, ne peut exister que si on se concentre sur une seule et unique activité à la fois.

On peut imaginer que c’est la même chose pour les changements que nous voulons mettre en place (to implement) dans notre vie. Si tu souhaites la même année lire 25 livres (alors qu’on ne lit plus depuis 5 ans), arrêter de fumer et commencer à méditer, il y a de grandes chances pour tu n’atteignes aucun de ces objectifs… Il suffirait donc de choisir?

L’essentiel et le superflu

Il faut faire un choix. Mais comment?

Une bonne technique serait de se poser, en pleine conscience, et  tenter de différencier l’essentiel du superflu. En écoutant notre voix intérieure, on pourra peut-être entendre ce dont elle a a besoin en priorité. Cette nouvelle clarté d’esprit doit amener à l’acceptation de cette priorité, sur laquelle on peut à présent se concentrer à 100%. Le superflu, lui, prendra le rôle secondaire tout naturellement.

On ne peut pas tout faire, et même s’il est difficile de choisir, avoir de l’indulgence pour soi-même est essentiel à notre santé mentale.

Et les langues dans tout ça?

Pour l’apprentissage des langues, c’est la même chose. S’il est vrai qu’il est important de se fixer des objectifs, il faut également se souvenir que le but final est en fait de pouvoir atteindre « le flow ». Donc, une fois que les objectifs réalistes sont fixés… oublie-les! Mets-les de côté. Et profite du plaisir d’apprendre.

C’est simple: si tu restes le regard fixé sur la carte, comment peux-tu apprécier le paysage? Il faut lever le nez pour vivre l’apprentissage, pour vivre la langue,  pour avoir du plaisir. C’est souvent le manque de plaisir qui cause la perte de motivation et l’abandon aux niveaux intermédiaires.

La plupart des étudiants qui viennent me voir me disent « Je n’arrive plus à progresser. Je fais beaucoup d’efforts, j’étudie, mais je ne progresse presque plus. » Je leur demande qu’est-ce qui leur apporte du plaisir dans la langue, et souvent les choses commencent à se débloquer. Ils se rendent compte qu’ils ont oublié d’y penser. Ils étaient tellement focalisés sur les progrès, sur le DELF à passer, etc. qu’ils n’ont plus eu de plaisir.

Même le plaisir de la gratification est devenu plus rare, parce que le niveau est plus difficile et ça demande beaucoup plus d’efforts. Mais lorsqu’on se concentre à nouveau sur le plaisir, sur la raison profonde de notre apprentissage de telle ou telle langue, alors tout se débloque.

Des objectifs réalistes

Fixez-vous des objectifs réalistes. Ne demandez pas à votre professeur de vous aider à apprendre une langue en deux mois, par exemple. Ou même de passer du A2 à C1 en un an. Ce n’est pas sain et vous allez vous épuiser en essayant.

Par ailleurs, il vaut mieux se fixer des objectifs en terme d’actions à accomplir plutôt qu’en résultats à atteindre car on a beaucoup plus de contrôle sur les actions que sur leurs effets. Par exemple, décider de lire un livre par mois, regarder une vidéo par semaine et prendre un ou deux cours avec un tuteur par semaine dans la langue cible, c’est déjà suffisant. Ajoute à ça un objectif désirable, comme celui d’organiser un voyage en France, et tu as tous les éléments pour réussir à garder ta motivation sur le long terme.

Les progrès découleront (result from) naturellement, mais ne sont pas au coeur des intentions. Une fois les objectifs réalisables fixés, il suffit de les oublier pour pouvoir rentrer dans le flow. Comme il n’est plus nécessaire de repenser constamment au chemin à prendre, on peut souffler (catch your breath) et être entièrement dans l’action… suivre le plan tranquillement et ressentir le plaisir d’être dans le moment de l’apprentissage.

On peut alors profiter, être présent, avec nos intentions, sans inquiétudes (worries), sans jugement.

En pleine conscience.

Je te souhaite une année de paix et de lumière.

Tout mon amour,

Jessica

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