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Traditions de Noël en Belgique

Salut les amis!

Comment se passent les préparatifs de Noël? Tu es prêt pour le grand jour?

Je dois t’avouer que Noël n’a pas la même saveur depuis que nous vivons au Vietnam: il n’y a ni neige, ni sapin, ni les proches avec qui partager ces moments magiques. Nous essayons néanmoins de créer une atmosphère sympathique. Je t’en parlerai bientôt dans une vidéo et un article sur mon autre blog en français « Planes of Thoughts« .

En Belgique, les choses sont bien évidemment différentes! Je profite donc de cette occasion pour te parler de comment se déroulent les fêtes de fin d’année (*The Holiday Season) dans nos contrées, et en même temps t’enseigner le vocabulaire de Noël. Si toi aussi tu souhaites partager tes traditions de Noël, je t’invite à me les décrire dans un email en français! Ce serait vraiment super! (jessica@frenchsunnyside.com). En attendant, après avoir lu cet article, je t’invite à faire un petit quiz ici pour vérifier ta compréhension: QUIZ!

Oh Grand Saint Nicolas…

Tout d’abord, les Belges ont une longueur d’avance (*they are a step ahead) sur les Français puisque les festivités débutent dès le 6 décembre, avec la Saint Nicolas! Voilà une fête qui cause beaucoup de confusion: il s’agit en effet d’une fête où un vieil homme barbu vêtu de rouge et de blanc, apporte des cadeaux dans les chaussures des enfants sages… (*well-behaved children) Ça vous rappelle quelqu’un, n’est-ce pas? Pourtant, il ne s’agit pas du Père Noël et il ne faut pas les confondre (malgré le prénom qu’ils partagent). Car si le Père Noël est gros, Saint Nicolas, lui, est grand et fin.

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La légende du Grand Saint Nicolas existe en fait dans différentes régions d’Europe et est basée sur l’histoire de Nicolas de Myre. Attention, je ne parle pas ici d’histoire, mais bien de légende:

On raconte qu’un jour, trois petits enfants étaient partis glaner (to harvest – old-fashioned) dans les champs mais ils se perdirent. Ils essayèrent de se réfugier chez le boucher, qui les a gentiment accueillis… avant de les tuer, de les découper en petits morceaux et d’en faire du salé. (*salt pork) Sept ans plus tard, Saint Nicolas qui passait par là, demanda au même boucher de le loger (*to host him). Visiblement, il n’avait pas peur de ce tueur en série…

Il lui demanda à manger. Le boucher lui servi du jambon, mais Saint Nicolas ne le trouva pas bon (et oui, ça rime). Le boucher lui servi alors du rôti, mais Saint Nicolas le trouva trop cuit (je vous avais bien dit que ça rimait!). Saint Nicolas exigea plutôt goûter au salé qui était depuis sept ans dans le saloir(*salt chest). Le boucher, pris de panique, s’enfuit, malgré les tentatives de Saint Nicolas de le rassurer ‘Ne t’enfuis pas! Repends-toi et Dieu te pardonnera. » Mais il était trop tard! Faute d’arguments plus convaincants, le boucher ne revint pas. Saint Nicolas s’approcha alors des petits salés et étendit trois doigts, ce qui ressuscita les trois enfants.

Cette histoire atroce est de moins en moins racontée aux enfants pour des raisons de traumatisme évidentes… Il n’empêche que, Saint Nicolas est devenu « le Saint Patron des Ecoliers », protecteur des enfants.

La nuit du 6 décembre

Tous les enfants belges (et certains qui habitent les régions du Nord de la France) attendent avec impatience sa venue. Saint Nicolas est toujours accompagné de son âne et de son acolyte (*sidekick) le Père Fouettard. Le soir du 5 décembre, ils préparent un verre de lait (ou de bière…) avec des petits gâteaux et une carotte pour son âne. Au matin, les enfants sages découvriront avec merveille des jouets et des friandises (*treats) au pied de leur lit. Les friandises typiques que l’on reçoit sont des mandarines (fruit de saison), des pièces en or (en chocolat) et du spéculoos, biscuit aux épices belge. Les enfants qui n’ont pas été sages, eux, découvriront du charbon dans leur chaussures, qui aura été déposé par Père Fouettard. Les deux personnages visitent souvent les écoles ce jour-là et ils passent dans les classes des écoliers (*pupils) qui chantent à tue-tête (*at the tope of their voices):

 

Oh Grand Saint Nicolas Patron des Ecoliers;

Apporte-moi des jouets dans mon petit soulier.

Je promets d’être sage comme un petit mouton;

J’apprendrais mes leçons pour avoir des bonbons,

Venez, venez, Saint Nicolas,

Venez, venez Saint Nicolas,

Venez! Venez! Saint Nicolas!

Et tralala..

 

Le sapin de Noël

Une fois la fête de Saint Nicolas passée, il est enfin temps pour les familles de décorer la maison pour Noël. Attention, on ne badine pas avec (*we don’t mess around with…) les traditions: c’est un sacrilège (*sacrilege) de faire son arbre de Noël avant le 6 décembre! De la même façon qu’on ne peut pas manger de raclette (*a simple dis made with cheese, potatoes and cold meat) avant le 15 octobre!

L’habitude d’avoir un sapin de Noël en décembre vient en fait d’une ancienne tradition païenne associée au solstice d’hiver (le 21 décembre). Ce n’est pourtant que dans les années 20 que cette pratique s’est généralisée.

La décoration de l’arbre se passe normalement en famille. On y accroche des boules de Noël (*Christmas bulbs),  des sujets (*figurines) et des guirlandes (*garlands, tinsels) colorées et lumineuses. On termine par l’étoile de Bethléem qui est normalement accrochée par le plus jeune membre de la famille.

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Selon le site du ministère de l’agriculture française, en 2016, les foyers français ont dépensé globalement plus de 156 millions d’euros pour leur sapin de Noël! Soixante pour-cent de ceux-ci étaient par ailleurs de production Belge. Contrairement aux idées reçues, saviez-vous que pour l’environnement il veut mieux acheter un arbre naturel qu’un arbre synthétique? Plus d’infos ici –> Le sapin de Noël

D’autres décorations typiques incluent la couronne de Noël (*Christmas wreath), les sucres d’orges (*candy canes) les chaussettes de Noël (*Christmas stockings) près de la cheminée, et la Rose de Noël  (*Poinsettia) que j’aime vraiment beaucoup.

Les familles religieuses prépareront également La Crèche (*the nativity scene) qui est une représentation de la nativité de Jésus. Dans une étable (*stable) nous retrouvons les petits personnages de Marie, Joseph, les Rois Mages et les animaux de l’étable.

Quand j’étais petite, l’enfant Jésus n’était pas ajouté à la scène avant précisément minuit! Pouf! Il apparaissait d’un coup, comme les cadeaux qui étaient cachés par une couverture dans la cheminée… Tout ça sur un air de « Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver... » (*Version française de « Jingle Bells »)

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Le marché de Noël

À Bruxelles, nous avons « Les Plaisirs d’Hiver », un évènement officiel de la ville de Bruxelles. Dans le centre donc, autour de la Bourse, de la Grand Place mais aussi de la Place Sainte Catherine, des étals (stalls*) en bois sont construits temporairement pour un marché de Noël traditionnel.

On y trouve des décorations de Noël, des cadeaux artisanaux, de la nourriture typique comme de la choucroute (*sauerkraut) de la raclette, des huîtres (*oysters) du vin chaud (*mulled wine) etc. Une patinoire (*ice-skating rink) y est également installée, ainsi qu’une grande roue (Ferris wheel) et un carrousel  (*merry-go-round). 

C’est l’occasion idéale pour se plonger dans l’ambiance de Noël, avec toutes les illuminations et la bonne humeur belge! Le marché reste ouvert jusqu’au 6 janvier, jour de l’Épiphanie.

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Le Réveillon de Noël

Le 24 décembre, après le travail, les familles se réunissent pour fêter le réveillon de Noël (*Christmas Eve dinner). Le soir, les croyants vont à l’église pour la messe de minuit. Contrairement au Royaume-Uni ou aux États-Unis, il n’y a pas de traditions de chants de Noël (*Christmas Carols ).

Le repas en Belgique commence par l’apéritif (*pre-dinner) durant lequel on boit déjà un peu de champagne en mangeant des canapés et des zakouskis. Le plat principal consiste traditionnellement de boudin (*blood sausage) mais comme les traditions se perdent, et que ça manque un peu de délicatesse, les Belges mangent souvent autre chose, en copiant chez nos voisins français la fameuse dinde aux marrons (*Turkey with chestnuts) ou encore du saumon fumé, des croquettes de pommes de terre, des huîtres, des fruits de mer (*seafood) etc.

Certains consomment encore du foie gras, même si cette tradition est carrément barbare et devrait être interdite. Surtout que la marque Gaia offre un produit similaire et succulent: Le Faux Gras de Gaia (3,90€). Et non, nous ne mangeons pas de frittes à Noël…

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Ensuite vient le dessert typique: la Bûche de Noël. Une bûche (*log), hors contexte, c’est un morceau de bois coupé par le bûcheron, qu’on ajoute dans sa cheminée pour faire un feu. Les gens ne mangent évidemment pas de bois en Belgique, mais bien un gâteau en forme de bûche! Il s’agit d’une génoise et de crème pâtissière, ou encore de mousse au chocolat, avec des petites décoration en sucre ou en massepain (*marzipan). 

Les grands pâtissiers ont désormais leur version, plus élégante. On fait également d’autres types de dessert et de friandises, et les traditions européennes se mélangent un peu, grâce au libre marché: Strüdel allemand, Panettone ou Pandoro italien, …

À Bruxelles, les gens se réunissent, une bougie à la main, sur la Grand Place, où est toujours érigé un sapin immense. Il y a de plus en plus souvent un spectacle luminaire sur les façades des maisons de la place, ce qui est assez magique! Un petit verre de vin chaud (je déteste…) et hop, à la maison!

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Une fois les enfants couchés (ou pas), on boit encore du champagne et à minuit, on se souhaite Joyeux Noël, en se prenant dans les bras et en s’échangeant les cadeaux. Dans certaines familles, les cadeaux sont gardés jusqu’au 25 décembre au matin, surtout pour les enfants.

Personnellement, je préfère cette deuxième version, qui permet aux petits de se coucher avec la magie de Noël et de se réveiller le 25 décembre pour découvrir les cadeaux au pied du sapin, et surtout de pouvoir en profiter toute la journée du 25 décembre, plutôt que de devoir aller se coucher sans avoir pu essayer leurs nouveaux jouets.

Le 25 décembre

Le jour de Noël, traditionnellement, on va déjeuner avec l’autre partie de la famille, comme les beaux-parents. Bien sûr, avec la structure familiale moderne, « l’autre partie de la famille », c’est parfois trois repas: entre la mère et le beau-père, le père et la belle-mère de madame, et puis la mère et le beau-père et puis le père et la belle-mère de monsieur… Ce qui fait que souvent, ça se termine le 26 décembre. Ou même le 27.

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Et après?

Dès le 26 décembre, tout redevient « normal », et certaines personnes retournent déjà travailler.

La Saint- Sylvestre

Cette célébration correspond simplement au réveillon de la nouvelle année qui se tient le 31 décembre. D’habitude, c’est une fête qui se déroule avec les amis, mais certains décident de réveillonner (*to celebrate New year) en famille. Il y a généralement feu d’artifice dans les grandes villes, et certains particuliers, surtout à la campagne, décident de faire leur propre feu d’artifice (*fireworks)  ou de faire sauter des pétards(*firecrackers) bien que ce soit un peu dangereux. Le repas se compose traditionnellement d’huîtres, de saumon fumé et de champagne.

On décore les portes avec du gui (*mistletoe) et si deux personnes se trouvent juste en-dessous, la tradition veut qu’elles s’embrassent. À minuit, on crie « Bonne Année! » et on commence à faire sa liste de bonnes résolutions pour l’année à venir.

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Le 1er Janvier

Le premier jour de l’an, c’est le jour où l’on se souhaite la Bonne Année, on prend de bonnes résolutions, et on écoute le discours du roi à la télévision. C’est aussi le premier jour officiel des soldes (*the sales) les magasins proposent des ristournes (*discounts) parfois intéressantes sur toute la collection hivernale. Il vaut cependant mieux éviter la foule et obtenir de meilleures réductions vers la fin de cette période commerciale: le 31 janvier. Les gens se souhaitent « Bonne Année » » tout le mois de Janvier, probablement pour prolonger l’esprit festif dans le froid déprimant du nord de l’Europe.

La fête des rois

Le 6 janvier, arrive donc l’Épiphanie. C’est le jour de la Galette des Rois. Il s’agit d’une fête de tradition chrétienne et depuis le Moyen Âge la galette des rois est dégustée en famille. Il s’agit d’une sorte de tarte à base pâte feuilletée (*puff pastry) et de frangipane, dans laquelle on cache une fève (*charm) La personne qui trouve la fève dans sa part de gâteau est alors désigné le « roi » et gagne le droit de porter la couronne. Attention cependant à ne pas mordre dans la fève directement, ce qui risque évidemment de te casser une dent. Dans quel cas, la couronne posée par le dentiste sera certainement plus chère…

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Et la pleine conscience dans tout ça?

D’un point de vue psychique, les fêtes de fin d’années sont parfois compliquées. Noël reste dans la psyché ce moment familial idéalisé, comme dans les films, où tout le monde se retrouve et toutes les tensions des années précédentes sont pardonnées. On garde souvent une image de la famille parfaite, de ce qu’elle devrait être, et Noël est le moment où on confronte la réalité à cet idéal, ce qui se solde inévitablement par encore plus de tensions. À moins de savoir faire la part des choses et d’y participer « en pleine conscience ».

Il est nécessaire en effet de passer par l’acceptation de la réalité telle qu’elle est. Il est important de se souvenir qu’on ne peut pas changer les gens, et que la plupart d’entre eux font du mieux qu’ils peuvent, avec leur propre souffrance émotionnelle. Qu’ils en aient conscience ou non n’est pas de notre ressort.  Qu’ils changent ou non un jour n’est pas de notre ressort. La seule chose que nous pouvons contrôler, ce sont nos propres réactions.

Quelques jours avant une réunion familiale, j’aime pratiquer une méthode de méditation particulière qui consiste premièrement à visualiser des personnes qu’on aime et avec qui la relation est aisée,  et à ressentir et se concentrer sur l’amour et l’empathie qu’on leur porte, comme une lumière blanche et chaleureuse en soi et en eux.

La deuxième étape demande de visualiser des personnes que nous croisons régulièrement sans leur porter d’attention particulière, et de procéder de la même façon. La dernière étape et la plus difficile sans doute, est de faire la même chose, mais avec des personnes avec qui nous avons des relations difficiles.

L’empathie ici est véritablement la clé. Se souvenir que nous partageons tous notre condition humaine nous permet de pardonner, d’accepter et d’aimer nos proches tels qu’ils sont.

Et peut-être que c’est le plus beau cadeau de Noël que l’on peut donner et recevoir.

Je te souhaite des fêtes sereines et pleines d’amour,

Paix et lumière,

Jessica

 

 

 

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